Facture ImpayéeFactureImpayée.fr
Injonction de payer

Que faire si l'injonction de payer échoue ou si le débiteur est insolvable ?

Ordonnance rejetée, débiteur insolvable, saisies infructueuses : quelles alternatives quand l'injonction de payer ne suffit pas ? Solutions concrètes et recours ultimes.

LDPar Laurent Duplat7 min de lecture
Que faire si l'injonction de payer échoue ou si le débiteur est insolvable ?

Que faire quand l'injonction de payer ne suffit pas ?

L'injonction de payer est un outil puissant, mais elle ne règle pas tout. Deux situations peuvent se présenter : le juge rejette votre demande, ou le débiteur n'a pas les moyens de payer. Voici toutes les alternatives et recours.

Cas 1 : le juge rejette l'injonction de payer

Le rejet intervient généralement car les preuves sont insuffisantes. Deux options s'offrent à vous :

Option A : Refaire la requête avec de meilleures preuves

  • Réunissez des preuves supplémentaires
  • Reformulez plus clairement la nature de la créance
  • Ajoutez des pièces que vous n'aviez pas jointes initialement
  • La procédure repart depuis le début (nouveaux droits de greffe)

Option B : Procédure au fond (assignation)

  • Si la créance est réelle mais contestable, une assignation devant le tribunal permet une audience contradictoire
  • Les deux parties présentent leurs arguments
  • Le juge tranche après débat complet
  • Délai : 12-24 mois, coût plus élevé, mais garantit un examen approfondi

Cas 2 : le débiteur ne paie pas malgré l'ordonnance

2a : Le débiteur n'a pas de compte bancaire provisionné

Saisie-attribution infructueuse → essayez d'autres actifs :

Actif à saisirProcédureTribunal
Salaire ou revenusSaisie des rémunérationsTribunal judiciaire
VéhiculeSaisie-vente par commissaire de justice
Biens mobiliers (meubles, matériel)Saisie-vente
Immeuble (propriétaire)Hypothèque judiciaire + saisie immobilièreJuge de l'exécution
Créances du débiteur sur tiersSaisie de créances

2b : Le débiteur ne travaille pas et ne possède rien

Cas de l'insolvabilité totale : le débiteur est en situation de pauvreté réelle, sans revenus, sans biens saisissables.

Dans ce cas, votre créance est irrécouvrable en pratique, même si vous obtenez toutes les ordonnances du monde. Les mesures possibles :

  1. Attendre un retour à meilleure fortune : l'ordonnance d'injonction de payer a une durée de validité de 10 ans (délai de prescription). Si le débiteur retrouve une situation financière, vous pouvez reprendre les poursuites.
  1. Surveiller le FICOBA régulièrement : si des fonds réapparaissent sur ses comptes, vous pouvez relancer une saisie-attribution (votre titre est toujours valable pendant 10 ans).
  1. Passer en créance douteuse : comptablement, provisionnez la créance en dépréciation. Si irrécouvrable définitivement, passez-la en perte (déductible fiscalement sous conditions).

Déduction fiscale des créances irrécouvrables

Pour les entreprises : les créances irrécouvrables sont déductibles fiscalement comme charges si :

  • La créance est certaine dans son principe et son montant
  • Vous avez engagé des diligences de recouvrement (mise en demeure, injonction, saisies)
  • L'irrécouvrabilité est définitivement établie

Conditions documentaires :

  • Facture originale
  • Preuve des démarches de recouvrement (LRAR, ordonnance, saisies infructueuses)
  • PV de carence (infructuosité de saisie) établi par le commissaire de justice

Pour les TVA : si vous avez collecté la TVA sur la créance impayée, vous pouvez récupérer cette TVA auprès de l'administration fiscale si l'irrécouvrement est prouvé (art. 272 CGI).

Alternatives non judiciaires pour créances difficiles

Société de recouvrement amiable :

  • Cède la créance (ou la confie en commission) à des spécialistes du recouvrement
  • Vous récupérez 40-70 % du montant (selon la qualité de la créance)
  • Sans engagement de résultat pour les créances les plus risquées

Vente de créance :

  • Cession de créance à un fonds de créances (debt buyer)
  • Prix : 5-30 % de la valeur nominale selon le risque
  • Vous êtes payé immédiatement, le risk passe à l'acheteur

Assurance-crédit :

  • Produit préventif (souscrit avant l'impayé)
  • L'assureur rembourse 70-95 % de la créance impayée
  • Intéressant pour les entreprises exposées à de gros clients

Recours contre les dirigeants personnellement

Si le débiteur est une société, vous pouvez parfois attaquer le dirigeant personnellement :

  • Abus de biens sociaux : si le dirigeant a détourné les actifs pour éviter de payer
  • Extension de procédure collective : si confusion de patrimoine entre la société et son dirigeant
  • Faute de gestion : action en comblement de passif possible en procédure collective
LD
À propos de l'auteur
Laurent Duplat

Directeur de la publication. Cet article est relu à partir du Code civil, du Code de commerce et du Code de procédure civile français. Le contenu a une valeur informative et ne se substitue pas à un conseil juridique personnalisé.

À lire aussi

WhatsApp