Huissier ou avocat pour un impayé : quel professionnel choisir ?
Quand saisir un commissaire de justice (ex-huissier) ou un avocat pour une facture impayée ? Coût, missions, procédures couvertes.

Huissier ou avocat pour un impayé : quel professionnel choisir ?
Les impayés représentent un véritable casse-tête pour les chefs d’entreprise, DAF et indépendants. Quand une facture reste impayée, il est crucial d’agir rapidement et efficacement. Mais faut-il privilégier l’intervention d’un commissaire de justice (anciennement huissier) ou d’un avocat ? Chaque professionnel a un rôle précis, des coûts et des procédures adaptés à différents stades du recouvrement. Ce guide pratique vous aide à choisir la meilleure option selon votre situation.
Commissaire de justice ou avocat : missions et compétences
Le commissaire de justice, un acteur clé du recouvrement amiable et judiciaire
Depuis la réforme de la profession en 2022, l’huissier est devenu commissaire de justice. Ce professionnel assermenté est habilité à :
- Signifier des actes judiciaires et extrajudiciaires (assignations, mises en demeure, etc.) ;
- Constater des faits (constats) ;
- Procéder au recouvrement amiable de créances par des démarches de relance formelle ;
- Exécuter des décisions de justice (saisies, expulsions, etc.) ;
- Mettre en œuvre des procédures judiciaires simplifiées comme l’injonction de payer.
Le commissaire de justice est donc un relais incontournable entre le créancier et le débiteur, capable d’intervenir à la fois en amont et en aval d’une procédure judiciaire.
L’avocat, un conseil stratégique et un représentant devant les tribunaux
L’avocat, quant à lui, joue un rôle de conseil personnalisé et assure la défense des intérêts de son client devant les juridictions civiles ou commerciales. Ses missions incluent :
- L’analyse juridique de la situation et le conseil sur les meilleures stratégies de recouvrement ;
- La rédaction d’actes et de conclusions ;
- La représentation devant le tribunal compétent (tribunal judiciaire, tribunal de commerce) ;
- La négociation d’accords amiables ou de plans de règlement avec le débiteur.
L’avocat peut également accompagner la phase amiable, notamment par des lettres de mise en demeure ou des relances plus formelles, mais son intervention est souvent privilégiée lorsque le contentieux est engagé.
Coûts et honoraires : combien coûte chaque professionnel ?
Commissaire de justice : des tarifs réglementés et transparents
Les frais d’un commissaire de justice sont encadrés par décret et varient selon la nature de la prestation. Par exemple :
| Intervention | Tarif indicatif TTC |
|---|---|
| Signification d’une mise en demeure | Environ 40 à 60 € |
| Constats | À partir de 130 € |
| Procédure d’injonction de payer (forfait) | 90 € à 150 € selon montant de la créance |
| Exécution forcée (saisie) | Variable, souvent 5 % du montant recouvré |
Le recours à un commissaire de justice est souvent plus économique pour des démarches rapides et formelles. De plus, certains frais peuvent être récupérés auprès du débiteur en cas de succès.
Avocat : honoraires libres mais souvent négociables
Les honoraires d’avocat ne sont pas réglementés et peuvent prendre différentes formes :
- Forfait pour certaines prestations (rédaction de mise en demeure, assignation) ;
- Taux horaire, souvent entre 150 € et 300 € HT selon la complexité et la région ;
- Honoraire de résultat, complémentaire au forfait, basé sur un pourcentage du montant recouvré.
Il est important de demander un devis clair avant toute intervention. L’avocat peut être plus coûteux qu’un commissaire de justice, mais son expertise juridique est souvent indispensable en cas de litige complexe.
Quand saisir un commissaire de justice ?
En phase amiable : relances formelles et mise en demeure
Avant de passer au contentieux, il est recommandé d’adopter une démarche graduée. Le commissaire de justice peut intervenir pour :
- Signifier une mise en demeure officielle, ce qui renforce la pression sur le débiteur ;
- Réaliser un constat de non-paiement ou d’état des lieux si nécessaire.
Cette étape permet souvent de débloquer la situation sans saisir le tribunal, tout en constituant une preuve solide en cas de procédure ultérieure.
Pour engager une procédure judiciaire simplifiée : l’injonction de payer
L’injonction de payer est une procédure rapide et peu coûteuse pour recouvrer une créance non contestée. Le commissaire de justice peut déposer la requête au tribunal compétent (tribunal judiciaire ou de commerce) et signifier l’ordonnance d’injonction au débiteur.
Cette procédure, encadrée par les articles L. 511-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution, permet d’obtenir un titre exécutoire sans audience, à condition que le débiteur ne forme pas d’opposition dans un délai de 1 mois.
Pour en savoir plus sur cette procédure, consultez notre article dédié sur la procédure d’injonction de payer.
Exécution forcée : saisies et recouvrement contraint
En cas d’échec de l’injonction ou d’une décision judiciaire, le commissaire de justice est le seul habilité à procéder à l’exécution forcée, notamment :
- Saisie-vente ;
- Saisie-attribution ;
- Saisie sur rémunération ;
- Expulsion.
Ces mesures nécessitent un titre exécutoire et sont encadrées par le Code des procédures civiles d’exécution.
Quand faire appel à un avocat ?
En cas de contestation ou litige complexe
Si le débiteur conteste la créance ou soulève des moyens de défense, l’intervention d’un avocat devient indispensable. Il pourra :
- Analyser la validité de la créance au regard du Code civil (articles 1231-1 et suivants sur les obligations) et du Code de commerce ;
- Préparer la défense ou l’attaque en justice ;
- Négocier des accords amiables ou des plans de règlement.
Pour engager une procédure judiciaire classique
Lorsque le litige nécessite une audience devant le tribunal judiciaire ou le tribunal de commerce, l’avocat représente son client, rédige les conclusions et plaide. La procédure peut être longue et complexe, notamment pour des créances importantes ou des dossiers impliquant plusieurs parties.
Pour sécuriser le recouvrement et limiter les risques
L’avocat conseille également sur la rédaction des contrats, les clauses pénales en cas de retard (voir notre article sur les pénalités de retard de facture) et les délais de prescription applicables (cf. délais de prescription facture).
« Le choix entre avocat et commissaire de justice dépend surtout de la nature du dossier et du stade du recouvrement. » — Maître Claire Dupont, avocat en droit commercial
Tableau comparatif : commissaire de justice vs avocat
| Critères | Commissaire de justice | Avocat |
|---|---|---|
| Missions principales | Signification, constat, recouvrement amiable, exécution forcée | Conseil, contentieux, négociation, représentation judiciaire |
| Coût | Tarifs réglementés, souvent moins élevés | Honoraires libres, plus élevés |
| Procédures couvertes | Injonction de payer, exécution forcée | Procédures judiciaires classiques, négociation amiable |
| Rapidité | Intervention rapide et formelle | Peut être plus long selon la procédure |
| Représentation en justice | Non habilité à plaider | Représente devant toutes juridictions |
| Récupération des frais | Possible en cas de succès | Possible mais dépend du contrat |
Comment optimiser le recouvrement ?
- Envoyez une lettre de relance client dès le premier retard ;
- Privilégiez le recouvrement amiable méthode pour préserver la relation commerciale ;
- Saisissez un commissaire de justice pour une mise en demeure officielle ;
- En cas de contestation, consultez un avocat pour sécuriser votre dossier.
À retenir
- Le commissaire de justice intervient efficacement en phase amiable et pour les procédures rapides comme l’injonction de payer.
- L’avocat est indispensable en cas de litige contesté ou pour engager une procédure judiciaire classique.
- Les honoraires du commissaire de justice sont réglementés et souvent moins élevés que ceux de l’avocat.
- Une stratégie graduée combinant relance, mise en demeure, et intervention judiciaire optimise les chances de recouvrement.
Pour approfondir, découvrez aussi nos articles sur la mise en demeure facture impayée et le référé-provision tribunal.
Directeur de la publication. Cet article est relu à partir du Code civil, du Code de commerce et du Code de procédure civile français. Le contenu a une valeur informative et ne se substitue pas à un conseil juridique personnalisé.


