Facture impayée kinésithérapeute : recouvrement pour les professionnels de santé libéraux
Kinésithérapeute libéral avec des factures impayées de patients ? Démarches adaptées, Sécurité Sociale, mutuelles, et cas des patients refusant de payer.

Facture impayée kinésithérapeute : recouvrement en secteur libéral
Les professionnels de santé en exercice libéral — kinésithérapeutes, ostéopathes, podologues — font face à des impayés aux caractéristiques particulières. La relation soignant-patient, le tiers payant, les mutuelles et la CPAM créent des situations spécifiques qui méritent une approche adaptée.
Types d'impayés en kinésithérapie
1. La part patient non réglée (ticket modérateur)
En secteur 1 ou 2, après remboursement par la CPAM et la mutuelle, le patient reste redevable d'une quote-part (ticket modérateur). Certains patients ne règlent pas cette part.
2. Les séances hors nomenclature non remboursées
Les actes non remboursés par la Sécurité Sociale (séances de bien-être, certaines techniques, actes hors prescription) sont entièrement à la charge du patient. Le risque d'impayé est plus élevé.
3. La CMU-C et les avances refusées
Certains patients CMU-C ou ACS qui refusent l'avance de frais et ne règlent pas non plus la part complémentaire.
4. Les arrêts de remboursement sans information
Il arrive que la CPAM cesse de rembourser (dépassement de droits, ordonnance expirée) sans en informer le praticien, qui se retrouve avec des impayés accumulés.
Cadre légal du recouvrement pour un kinésithérapeute libéral
Déontologie et recouvrement
Le Code de déontologie des masseurs-kinésithérapeutes (décret du 27 juin 2000) n'interdit pas le recouvrement de créances. Il impose simplement de respecter la dignité du patient dans les démarches. Les procédures judiciaires restent tout à fait compatibles avec les obligations déontologiques.
Secret professionnel et procédures judiciaires
Dans le cadre d'une procédure de recouvrement, vous devrez communiquer des informations sur la nature des séances. Le secret professionnel est levé par nécessité dans le cadre judiciaire, mais gardez à l'esprit que les informations médicales restent confidentielles au-delà de ce qui est strictement nécessaire.
Prescription des créances médicales
La prescription des créances entre un professionnel de santé et ses patients est de 2 ans (article L. 218-2 du Code de la consommation pour les professions libérales médicales et paramédicales). Agissez rapidement.
Procédure de recouvrement adaptée
Étape 1 : Rappel doux (J+15 à J+30)
Un simple rappel par email ou courrier non recommandé, avec le relevé des séances et le montant dû. Pour les patients fidèles, un appel téléphonique direct est souvent suffisant.
Étape 2 : Relance formelle (J+30 à J+60)
Relance écrite avec détail des séances, dates, montants. Mentionnez le délai de paiement accordé (15 jours) et les coordonnées pour régler.
Étape 3 : Mise en demeure (J+60 à J+90)
Mise en demeure par LRAR avec le montant total réclamé. Pour les patients, le ton reste respectueux mais ferme. Mentionnez que passé le délai, vous serez contraint de saisir le juge des contentieux de la protection (anciennement tribunal d'instance).
Important : entre professionnel libéral et patient particulier, la procédure relève du droit de la consommation, non du droit commercial. L'injonction de payer est possible mais devant le tribunal judiciaire (juge des contentieux de la protection).
Étape 4 : Procédure judiciaire
Pour les patients particuliers, le tribunal compétent est le juge des contentieux de la protection (JCP) pour les montants jusqu'à 10 000 €. Au-delà, le tribunal judiciaire.
La procédure d'injonction de payer est applicable et efficace pour les créances incontestées (séances réalisées, non remboursées, non payées).
Particularités du tiers payant
Si vous pratiquez le tiers payant, la CPAM et la mutuelle paient directement. Les risques d'impayés se concentrent sur :
- La part patient (ticket modérateur) que vous avancez ou que le patient doit régler
- Les rejets de remboursement par la CPAM (ordonnance non conforme, dépassement de droits)
- Les demandes de remboursement de la CPAM si la prise en charge était incorrecte
Rejets CPAM : en cas de rejet, la créance se reporte sur le patient. Documentez bien la prescription médicale reçue et l'ordonnance. Si le rejet est injustifié, contestez-le auprès de la CPAM.
Prévention
- Vérifiez les droits CPAM avant chaque série de séances via la carte Vitale et SCOR
- Demandez systématiquement le règlement à chaque séance pour les actes hors nomenclature
- Pour les patients qui ont des antécédents d'impayés, demandez le règlement en avance de séance
- Consultez votre logiciel de gestion pour surveiller les impayés en temps réel
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Directeur de la publication. Cet article est relu à partir du Code civil, du Code de commerce et du Code de procédure civile français. Le contenu a une valeur informative et ne se substitue pas à un conseil juridique personnalisé.


